Énergie : retour de tensions inflationnistes à surveiller pour les budgets locaux
La Banque de France a publié, le 25 mars 2026, ses projections macroéconomiques intermédiaires dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient sur la base des hypothèses de marché arrêtées au 11 mars.
Son scénario central reste relativement accommodant :
- Croissance du PIB : 0,9 % en 2026
- Inflation : 1,7 %
Mais les autres deux scénarios, plus défavorables rappellent la fragilité de la situation :
- Croissance ramenée à 0,6 % puis 0,3 %
- Inflation portée à 2,5 % puis 3,3 %
Le diagnostic de la note est clair : Pas de crise énergétique durable à ce stade, mais un environnement redevenu instable. L’énergie redevient le principal facteur de risque sur l’inflation.
Des marchés de l’énergie nettement orientés à la hausse
Depuis l’arrêté des hypothèses de la Banque de France au 11 mars, le signal de marché s’est nettement tendu :
- Brent : ~116 $/baril (contre ~71 $ fin février)
- Gaz TTF : 54 à 60 €/MWh (contre ~32 €/MWh fin février)
- Électricité : reprise des prix de gros en France
Sources : Prix du baril de pétrole (USD) – Bloomberg – FCL Gérer la Cité – Cotation 27/03/2026
Les marchés n’intègrent pas encore un basculement durable vers un nouveau régime de prix de l’énergie. En revanche, leur lecture s’est sensiblement détériorée ces derniers jours, comme l’illustrent la volatilité accrue et le décalage croissant entre les anticipations de début mars et celles observées fin mars.
Collectivités : un risque au-delà du seul poste énergie
L’enjeu pour les collectivités ne se limite pas à une hausse ponctuelle des prix de l’énergie. Le risque principal est celui d’un retour de tensions inflationnistes plus larges dans les dépenses de fonctionnement. Le choc énergétique agit en effet comme un facteur de diffusion, qui se propage progressivement à de nombreux postes : fluides, transports, restauration collective, collecte des déchets, entretien de voirie, eau et assainissement, mais aussi marchés de services intégrant des clauses de révision.
Ce mécanisme est bien identifié : une hausse rapide des prix de l’énergie finit par se transmettre, avec un décalage, à l’ensemble des coûts opérationnels. Le poste électricité constitue ainsi un point d’entrée, mais non le seul facteur de pression.
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