Contexte macroéconomique international
L’année 2025 s’inscrit dans un environnement économique mondial caractérisé par un ralentissement de l’activité et une visibilité limitée. La croissance mondiale demeure modérée autour de 3,2%, pénalisée par des niveaux d’endettement élevés, des tensions géopolitiques persistantes et un regain de mesures protectionnistes affectant les échanges internationaux. Si la désinflation s’est progressivement installée dans les économies avancées, elle reste inégale et partielle, conduisant les banques centrales à ajuster leur politique avec prudence. Ce contexte macroéconomique constitue la toile de fond des évolutions observées sur les marchés de taux et des conditions de financement en 2025.
Un nouvel équilibre monétaire encore instable
L’année 2025 marque un tournant dans le cycle monétaire engagé depuis 2022. Après une phase de resserrement rapide, les banques centrales ont progressivement ajusté leur positionnement, conduisant à une détente des conditions monétaires à court terme.
Les indices Euribor, qui avaient culminé à près de 4 % mi-2023, sont retombés autour de 2 % fin 2025, rétablissant une pente positive sur les maturités courtes après plusieurs années de tension sur la courbe monétaire.
Une dissociation durable entre taux courts et taux longs
Contrairement aux taux courts, les taux longs sont restés élevés et volatils. En France, le rendement des obligations d’État à 10 ans (OAT) a oscillé entre 3,10 % et 3,60 %, reflétant les préoccupations des investisseurs face au niveau d’endettement public et aux incertitudes politiques. Le taux de swap 10 ans, moins exposé au risque souverain français, a progressé plus modérément, évoluant entre 2,30 % et 2,92 %, accentuant l’écart avec les références souveraines et limitant la transmission complète de l’assouplissement monétaire aux maturités longues.
Des répercussions directes sur les stratégies de financement
Cette configuration a conduit à un renchérissement des financements bancaires longs, via une hausse des marges appliquées par les établissements de crédit. Ces marges ont atteint 110 points de base en moyenne sur les opérations de 15 à 20 ans en fin d’année, contre 85–90 points observés plus tôt, avec des variations selon les signatures et la nature des projets.
Dans ce contexte, les acteurs du secteur public local ont dû renforcer l’arbitrage entre coût, durée et flexibilité. Les financements indexés sur des taux variables, notamment ceux adossés au Livret A à 1,70 %, ont conservé un intérêt relatif, tandis que le choix des index Euribor a été affiné selon la sensibilité au cycle des taux.
Le rôle spécifique du financement obligataire
Parallèlement, le financement obligataire a maintenu sa place dans les stratégies de diversification. Les émissions obligataires, généralement de 10 M€ et plus, ont permis d’accéder à des marges plus faibles, autour de 30 points de base, comparé aux financements bancaires, cette baisse des marges résultant de la dégradation du rendement de l’OAT, qui incite les investisseurs à accepter une rémunération moindre. Cependant, cela s’est fait au prix d’exigences accrues en structuration et gestion du risque de refinancement.
Un environnement de financement sous contraintes persistantes
Ainsi, l’année 2025 ne se caractérise pas par un retour à des conditions favorables, mais par l’installation d’un nouvel équilibre : détente des taux courts et tensions durables sur les maturités longues. Cette dissociation impose une lecture plus fine des marchés et renforce la nécessité d’arbitrages réguliers dans les politiques de financement.
